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  • Stéphanie

Et si on changeait de regard sur nos échecs ?

Mis à jour : mars 18

« Je ne vais pas y arriver », « j’ai peur de ne pas réussir », « je préfère ne pas essayer ».


Que de phrases entendues ici et là qui démontrent la pression que chacune et chacun peut mettre sur ses épaules pour réussir. Dans un système comme le nôtre où les enfants sont programmés pour réussir, une grande partie des adultes qu’ils deviennent n’osent pas et quand ils osent, ils sont souvent terrorisés à l’idée d’échouer.


En effet combien de collaborateurs n’osent plus prendre la parole en réunion par peur d’être jugés ? Combien de managers sont tellement blessés par une mauvaise évaluation qu’ils ne se projettent plus dans l’entreprise ? Combien de dirigeants osent mettre en avant les échecs rencontrés ?


Alors oui, intrinsèquement, oser c’est prendre le risque de ne pas réussir. Ne pas oser c’est minimiser celui d’échouer mais ne pas oser c’est surtout maximiser celui de ne pas réussir. Et comme chacun le sait, 100% des gagnants ont tenté leur chance...


Qu’est-ce que l’échec ?


Selon le Larousse, l’échec est le « résultat négatif d'une tentative, d'une entreprise, manque de réussite ; défaite, insuccès, revers : subir un échec ». Comme si l’échec et la réussite étaient les deux faces d’une même médaille.


Contrairement aux philosophes occidentaux traditionnels qui pensaient l’échec de manière culpabilisante (selon Descartes, nos erreurs étaient imputables à un mauvais usage de notre volonté et selon Kant, nos fautes s’expliquaient par une faiblesse de notre raison), l’écrivain et philosophe contemporain Charles Pépin nous vante les Vertus de l’échec dans un traité de sagesse du même nom paru en 2016 et nous propose, entre autres, de nous dissocier de nos échecs. Ainsi rater un projet ne signifie pas que l’on est un ou une ratée. C’est un bon point de départ !


Quelles sont les alternatives face à l’échec ?


On peut être dans le déni et ne tirer aucune leçon de son échec, trouver la situation injuste, ressasser sa colère et sa frustration quitte à en faire payer le prix à son entourage. Combien de managers tirent les leçons d’un projet qui n’a pas été mené à bien en jetant la faute sur d’autres et sans repartir tête baissée dans le suivant ? La solution est certes stérile mais elle a le mérite de ne pas ébranler le système dans lequel ils évoluent depuis de nombreuses années.


On peut aussi accepter son échec et passer à autre chose. Qui n’a jamais été tenté de murmurer après une déconvenue : « c’est le destin » ? La déclaration ramène aux Stoïciens, parmi lesquels Epictète qui selon son Manuel enjoint à se concentrer exclusivement sur ce qui dépend de nous et prône une soumission sereine au destin même s’il contrarie nos plans. Cette acceptation peut amener à changer de voie et à se réaliser meilleur ailleurs. Ainsi Serge Gainsbourg rendu disponible à la chanson après avoir échoué dans la peinture ou Michel Tournier devenu romancier à succès suite à son échec dans la philosophie.


On peut enfin non seulement accepter son échec mais également en tirer des apprentissages et en sortir grandi. Combien de collaborateurs abandonnent un poste dès la première difficulté parce que « ce n’est pas pour eux » ? Alors que prendre le temps de faire le point sur son échec, reconnaître ses erreurs (qui sont constitutives des apprentissages et cela dès les premiers pas), lister les éléments positifs de l’expérience, prendre conscience de sa responsabilité et de sa capacité à agir peuvent faire prendre un autre chemin que celui de l’abandon ou de la résignation, voire transformer un échec en réussite.


Comme a dit Nelson Mandela : « je ne perds jamais, soit je gagne soit j’apprends » et là est toute la différence.



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